Le Pouvoir de ne Pas Savoir

Le Pouvoir de ne Pas Savoir

Le Pouvoir de ne Pas Savoir

Au lyc√©e, je pensais √™tre destin√© √† une carri√®re musicale. Je pratiquais avec assiduit√©, travaillant dans le but de devenir membre du groupe All-State au Tennessee. La r√©ussite de cet objectif aurait confirm√© que j’√©tais l’un des meilleurs joueurs de cor du Tennessee et que j’√©tais assez dou√© pour poursuivre une carri√®re musicale. Je n’ai pas r√©ussi √† int√©grer le groupe All-State. Je ne savais pas quoi faire ensuite.

C’est tr√®s inconfortable de ne pas savoir quoi faire. Nous avons l’impression d’√™tre dans un √©tat chaotique et d’incertitude. Savoir nous apporte du confort. Cependant, d√©sirer inconsciemment ce confort a pour cons√©quence de nous contracter autour de nos objectifs et perspectives actuels, ce qui nous limite. Le confort n’est qu’une partie d’un cycle. Le fait d’accueillir le stress, de s’ouvrir √† l’inconnu, √©quilibre le cycle. Nous avons besoin d’alterner entre les bases confortables que nous exp√©rimentons lorsque nous nous contractons et le d√©veloppement stressant que nous connaissons lorsque nous nous ouvrons.

Lorsque nous ne savons pas quoi faire, nous avons besoin de nous d√©tendre dans le stress d√Ľ au fait de ne pas savoir. Nous ne devons pas assimiler le fait de ne pas savoir √† la confusion. Le ¬ę¬†je ne sais pas¬†¬Ľ est le d√©but de la connaissance ; ce n’est pas de la confusion, c’est de la lucidit√©. Nous reconnaissons que nous savons que nous ne savons pas. La confusion, c’est ¬ę¬†je ne sais pas, mais je pense que je devrais savoir¬†¬Ľ. Le fait de savoir concentre notre attention sur la t√Ęche √† accomplir ; la confusion d√©tourne notre attention de la t√Ęche. La t√Ęche consiste √† se d√©tendre dans le stress de ne pas savoir, alors que nous ne savons pas quoi faire ensuite.

Notre plus grand obstacle mental est la gestion du stress. L’esprit n’aime pas le stress et il forcera le processus de d√©cision √† avancer trop vite pour √©chapper au stress. Savoir quoi faire et ne pas savoir quoi faire sont des √©tats que nous vivons tout au long de notre vie. Il est important de se laisser aller √† ne pas savoir quoi faire. Cet √©tat est incertain, chaotique et ambigu. Pourtant, si nous nous permettons d’√™tre dans cet √©tat, le stress commence √† s’ordonner, √† se transformer en certitude et √† nous offrir des options pour agir.

Disons que nous grimpons une voie en 6b, proche de notre limite. Nous ne savons pas si nous pouvons continuer parce que nous sommes physiquement fatigu√©s et mentalement stress√©s. Nous sommes physiquement fatigu√©s par l’effort fourni pour grimper. Nous sommes mentalement stress√©s parce que nous ne savons pas quoi faire. Peut-√™tre que le stress mental vient de l’esprit qui nous dit ¬ę¬†Je devrais √™tre capable de grimper du 6b.¬†¬Ľ √ätre physiquement fatigu√© est un √©tat naturel ; √™tre mentalement stress√© parce que nous pensons que nous devrions √™tre capable de grimper du 6b, de savoir quoi faire, est de la confusion, une distraction de l’attention.

√ätre dans un √©tat de confusion disperse notre attention. Une partie de notre attention se porte sur ce qui se passe : ¬ę¬†Je ne sais pas si je peux continuer √† grimper ce 6b.¬†¬Ľ Une partie de notre attention se porte sur ce que l’esprit pense qui devrait se passer : ¬ę¬†Je devrais √™tre capable de grimper du 6b.¬†¬Ľ Cet √©tat de confusion ajoute un stress mental. Ce qui oriente l’esprit vers la r√©solution du stress, afin de faire rapidement un choix qui apporte confort et certitude. Dans cet exemple, l’esprit choisit de se retirer du stress, d‚Äôattraper une protection ou de descendre, alors que nous aurions pu continuer.

Si nous gardons notre attention sur l’acceptation de ne pas savoir quoi faire, alors nous sommes r√©ceptifs et en mesure de mener une action efficace. Nous pouvons toujours d√©cider de battre en retraite, mais cette d√©cision sera fond√©e sur des informations provenant directement de la situation et non sur le d√©sir de confort de l’esprit.

Se d√©tendre dans le stress nous permet de creuser plus profond√©ment en nous-m√™mes et dans la situation, d’√™tre plus conscient des options qui peuvent guider nos choix. En acceptant l’√©tat de ne pas savoir, nous ne r√©sistons pas √† ce qui se passe r√©ellement. Nous pouvons concentrer notre attention sur la fa√ßon de g√©rer ce qui se passe. Nous pouvons utiliser notre plus grande comp√©tence mentale pour g√©rer notre plus grand obstacle mental. Nous pouvons trouver de petits pas concrets √† faire en direction du stress. Cela nous permettra de traverser le stress et de clarifier si nous devons battre en retraite ou continuer, nous contracter ou nous ouvrir. Dans notre exemple, nous essayons d’effectuer quelques mouvements vers le haut et nous redescendons. Nous sentons √† quel point nous sommes fatigu√©s et quelle force il nous faudra pour continuer √† grimper. Cela nous donne de la lucidit√© et des options pour continuer.

Lorsque je m’entra√ģnais pour atteindre mon objectif de devenir membre du groupe All-State, mon attention √©tait concentr√©e sur la r√©ussite de cet objectif. Comme je n’ai pas r√©ussi, mon attention s’est ouverte. De mani√®re cyclique, je suis pass√© dans l‚Äô√©tat de ne pas savoir, de stress. Mon attention s’est simplement ouverte parce que je n’√©tais pas √©troitement concentr√© sur un objectif. En moins d’un mois, j’ai remarqu√© dans ma classe d’anglais un grimpeur qui avait l’intention d’√©tudier la g√©ologie √† l’universit√©. Je m’int√©ressais aux deux. Alors, de mani√®re cyclique, je suis pass√© dans l‚Äô√©tat de savoir quoi faire ensuite : J’allais √©tudier la g√©ologie et faire de l’escalade. Dix ans plus tard, cependant, je suis repass√© √† ne pas savoir, lorsque j’ai perdu mon emploi en g√©ologie. Mon attention s‚Äôest √† nouveau ouverte sur les possibilit√©s de faire carri√®re dans l’escalade, ce qui m’a ramen√© dans l‚Äô√©tat o√Ļ je savais que faire ensuite.

Le pouvoir de ne pas savoir ouvre notre attention pour voir des options que nous ne pouvons pas voir quand nous travaillons pour atteindre des objectifs. Ne pas savoir quoi faire ensuite est un √©tat naturel que nous exp√©rimentons dans nos vies. Le fait d’√™tre dans cet √©tat aiguise notre conscience. Nous avons besoin d’accueillir de tels √©tats afin de prendre conscience des options qui s’offrent √† nous pour trouver notre chemin dans la vie.

Conseil pratique : Décidez de ne pas Décider

Lorsque vous vous sentez stress√©, ne vous pr√©cipitez pas. Remarquez que vous √™tes stress√©, mais ne laissez pas l’esprit s‚Äôen occuper. Ne d√©cidez pas de ce qu’il faut faire. Respirez plut√īt, d√©tendez-vous et ouvrez votre attention. Permettez-vous de vous retrouver au milieu d’une situation o√Ļ vous ne savez pas quoi faire. Puis regardez autour de vous. Qu’avez-vous ignor√© ? Faites de petits pas pour vous engager dans la situation. Cela vous permettra de commencer √† organiser le stress et √† proposer des options qui vous ram√®neront √† la certitude.

 

 

 


Texte original en anglais par Arno Ilgner

Traduction en fran√ßais par Vincent Hentsch (aid√© par deepl.com ūüėČ ).

Traductions espagnole et portugaise

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